jeudi 5 septembre 2019

BCPST français-philosophie: la démocratie


Chers étudiants de BCPST1,

Vous trouverez sur cette page des ressources pour le cours de français-philosophie, qui seront étoffées d'ici la rentrée et tout au long de l'année.

D'ores et déjà, je vous prie de m'écrire un mail à cette adresse: clotilde.briere@gmail.com , dans lequel vous vous présenterez afin que je puisse vous communiquer les éléments nécessaires pour la rentrée, pour votre travail des vacances et pour la bonne conduite du cours cette année.

Il faut cliquer sur les liens pour accéder aux documents.

1.  Cahier de texte

(11) Séance 12, mercredi 20 novembre 2019: la fraternité

Nous avons réfléchi au concept de fraternité. 

Dans un premier temps, nous avons montré dans quelle mesure la fraternité, qui est à la fois celle du sang et de l'immanence vitale (la fratrie de la famille), celle du contrat social et du tissu politique (les citoyens de la patrie), et celle de la parole et de l'élection (les frères du genre humain), servait plutôt d'idéal normatif pour guider les relations humaines, toujours menacées par le conflit, la dissension, la haine: ainsi la famille peut-elle être un endroit meurtrier (c'est la fraternité caïnesque), tout comme la cité et ses guerres intestines, et le genre humain dont l'unité n'est pas toujours reconnue (comme certains événements tragiques de l'histoire le montrent). Il ne suffit ainsi pas d'appartenir à une communauté (famille, cité, genre humain) pour que cette dernière soit le théâtre de la concorde et de l'amour du prochain: la fraternité apparaît alors comme la philia requise comme principe socialisateur. Il n'est pas nécessaire de faire appel à la transcendance pour fonder cette fraternité: on peut certes supposer un Dieu créateur qui serait le père de toutes les créatures humaines, mais on peut tout simplement reconnaître que tous les humains ont quelque chose de commun, qui est leur vulnérabilité (étymologiquement, la disposition à la blessure); reconnaître notre faiblesse et notre fragilité, admettre que la mort est à la fois pour nous un risque perpétuel et une nécessité finale, c'est la condition de la fraternité comme sollicitude et responsabilité envers ce qu'il y a de fragile en chacun de nous.

Dans un deuxième temps, nous nous sommes interrogés sur la spécificité du principe de fraternité au sein de la devise républicaine. La fraternité est la seule à être le nom d'une relation, et elle est aussi la seule à ne pas être un concept juridique: certes la solidarité en est une traduction politique mais les mécanismes de la solidarité sont froids, rationnels, impersonnels, là où la fraternité exige un face à face singulier et insubstituable entre deux singularités qui viennent au secours l'une de l'autre, en leur nom propre. La fraternité semble alors apparaître comme la reconnaissance par le politique d'une double impuissance, et donc d'un double appel: liberté et égalité ont besoin d'un principe régulateur, et le droit ne suffit pas à produire le vivre-ensemble. La morale apparaît comme le pendant du droit, et on ne peut pas faire l'économie d'un certain ethos, de certaines vertus chez les citoyens: il ne suffit pas d'indiquer ce qui est légal et illégal, ce qui est obligatoire et ce qui est interdit, mais il faut encore inciter le citoyen à être généreux, à éprouver une forme de sollicitude, de care, d'attention à autrui, fût-il son semblable le plus immédiat, ou l'étranger le plus lointain. Le droit exige pour complément une certaine morale sociale, par quoi les individus adoptent un certain style civique (un engagement envers autrui, contre tout individualisme forcené)

Dans un troisième temps, nous avons montré que la fraternité était l'espérance à laquelle s'adosse toute politique démocratique digne de ce nom: une paix (toujours inquiète) ne peut advenir, de manière asymptotique, que parce que les individus ne restent pas prisonniers d'une fraternité close mais tâchent de construire, patiemment, une fraternité ouverte (même si elle n'est peut-être qu'utopique et eschatologique).

Vous trouverez ici le plan du cours, ainsi que quelques citations que je vous ai proposés de lire sur la fraternité: le cours sur la fraternité, et les citations sur la fraternité.

Puis je vous ai proposé un exercice permettant de réfléchir à l'idée de fraternité dans les oeuvres au programme: exercice sur la fraternité dans les oeuvres au programme." A la lumière des oeuvres au programme, vous vous demanderez en quel sens et dans quelle mesure on peut dire des hommes en démocratie qu'ils sont fraternels". Je vous ai proposé une suite de questions pour guider la réflexion. Nous corrigerons cet exercice lors de la séance prochaine.



Pour la séance suivante, vous devez:


(1) bien retravailler le cours sur la fraternité, et lire les citations
(2) répondre à la question posée (en quel sens et dans quelle mesure peut-on dire des hommes en démocratie qu'ils sont fraternels ?), en élaborant une introduction, et un plan qui s'appuie sur des analyses précises des oeuvres au programme: exercice sur la fraternité dans les oeuvres au programme

(11) Séance 11, mercredi 13 novembre 2019: correction de la dissertation "La démocratie ne va pas de soi. Il faut se battre pour elle chaque jour, sinon nous risquons de la perdre"


Nous avons travaillé ensemble le sujet de dissertation sur lequel vous avez réfléchi le samedi 9 novembre: "la démocratie ne va pas de soi. Il faut se battre pour elle chaque jour, sinon nous risquons de la perdre", propos tiré du roman Léviathan écrit par P. Auster en 1994. Je vous ai proposé cette série d'exercices pour progresser dans la réflexion sur le sujet: exercice pour réfléchir au sujet de dissertation

Dans un premier temps, nous avons analysé 2 citations permettant d'introduire ce sujet: 
- une phrase de Pierre Mendès-France: "parce qu'elle n'est jamais pleinement acquise, la démocratie est toujours menacée. Par ses adversaires sans aucun doute. Mais plus encore par la négligence ou l'inertie des citoyens".  Ainsi la démocratie apparaît-elle comme vulnérable et précaire, et dès lors l'objet d'une responsabilité de la part des citoyens, qui dès lors qu'ils sont oublieux de leurs devoirs civiques, sont le plus grand péril (plus grave encore que les ennemis déclarés de la démocratie) qu'elle puisse connaître. La démocratie requiert des soins, des actes, une attention: les citoyens doivent être des démocrates, partisans non pas passifs mais engagés dans la défense constante du régime démocratique.
- une phrase de Bernanos: "la démocratie se doit d'être une création continue". La démocratie apparaît ici comme une construction et non pas un donné (de la nature, ou des dieux), qui réclame dès lors pour ne pas chuter dans la ruine, d'être toujours soutenue dans l'existence. Elle est une institution contingente, qui aurait pu ne pas être (elle est née dans une certain contexte historique), qui pourrait ne plus être (rien ne garantit que la démocratie perdure indéfiniment: d'ailleurs certaines vicissitudes de l'histoire ne l'ont-elles pas mise à mal ?). Elle n'a aucune nécessité et aucune éternité. Elle exige, en raison de sa nature propre et pour ne pas être aliénée à elle-même, d'être soutenue dans l'être par un devenir dynamique qui la nourrisse: elle n'est pas une forme vide, mais un contenu qui doit toujours être défini à nouveaux frais, un système ouvert, élaboré notamment à l'aide de constantes délibérations du peuple souverain.

Dans un deuxième temps, nous avons précisément analysé la phrase d'Auster:
- la démocratie "ne va pas de soi": elle n'a rien d'évident, elle ne doit pas nous apparaître comme un donné invariant, dont l'existence serait définitive
- "il faut se battre pour elle": la démocratie apparaît comme dotée d'une valeur absolue, et dès lors l'objet d'un impératif catégorique, d'une obligation morale. Nous devons engager nos forces en sa faveur, pour la défendre, la protéger. Le combat peut être mené suivant une modalité physique, guerrière (il faudrait engager son corps, sacrifier sa vie) mais plus ordinairement il peut être entendu comme l'ensemble des engagements civiques par lesquels le citoyen se met au service de la vie de la démocratie.
- "sinon nous risquons de la perdre": si les citoyens ne se montrent pas combatifs, engagés au service de la démocratie, alors celle-ci pourrait ou bien tout simplement disparaître, être révolue (laissant la place à un nouveau régime politique non démocratique), ou bien être dénaturée, aliénée (ainsi le régime resterait-il démocratique en apparence mais non plus en réalité, puisqu'il ne permettrait plus aux valeurs démocratiques d'être effectives)

Dans un troisième temps, nous avons problématisé le sujet: combattre au nom de la démocratie ou pour la démocratie, est-ce seulement la défendre inconditionnellement sans s'interroger sur ses limites, ou bien est-ce aussi prendre en considération un diagnostic critique de ses pathologies spécifiques ? 

Enfin, je vous ai proposé une introduction rédigée et un plan détaillé que vous trouverez également ici: introduction rédigée et plan détaillé


Pour la séance suivante, vous devez:


(1) bien retravailler les éléments de correction de la dissertation 
(2) rédiger une partie de dissertation, en s'appuyant sur des citations originales plutôt que sur les citations proposées, afin de s'entraîner à l'argumentation et à la réflexion sur les oeuvres au programme
(3) étudier les 3 articles sur la fraternité afin d'introduire la réflexion à ce sujet pour la séance prochaine: Guibal, Difficile fraternitéThibaud, La fraternitéBalmary, La fraternité

(10) Séance 10, mercredi 06 novembre 2019: exposé sur "l'individualisme" et reprise

Le thème d'exposé de cette séance était: "l'individualisme" et c'est Thimothée Lin qui a produit un discours sur ce thème. Vous trouverez le plan de son exposé ici (lien à venir). Nous avons ensuite procédé à une reprise. Nous avons en introduction défini le concept d'individualisme, en mettant en évidence le fait que c'est une notion plutôt moderne (la conception antique de la société mettant l'accent sur la communauté, suivant une approche holistique: les individus ne sont que des parties au sein d'un tout auquel ils appartiennent et qu'ils servent). Dans une première partie, nous nous sommes demandé dans quelle mesure la société démocratique pouvait être travaillée par l'individualisme comme ethos propre à l'homme démocratique: les analyses de Tocqueville ont à cet égard été utiles, en tant que d'une part elles montrent la genèse de l'individualisme comme fruit de la passion dominante pour l'égalité, et d'autre part elles décrivent la manière d'être individualiste: une manière d'être indépendante, indifférente, hédoniste et privée, qui a également une composante intellectuelle (critique de toute autorité et défense de l'indépendance dans l'acte de croire, qui engendrent toutefois un asservissement à l'opinion publique: d'où l'idée de conformisme). Dans une deuxième partie, nous nous sommes questionnés depuis une perspective axiologique: quelle valeur accorder à l'individualisme ? Nous avons d'une part montré que l'hédonisme individualiste pouvait difficilement consacrer une vie authentiquement humaine, bien que l'humanisme individualiste pouvait être jugé louable, quoique souffrant d'une certaine abstraction; nous avons d'autre part pointé les dangers d'une désintégration de la totalité sociale et d'un appauvrissement de la vie publique: l'individualisme ne risque-t-il pas en effet de fragmenter la société au point de produire une dissociation et une atomisation  du corps social ? Le concept d'apathie démocratique comme fruit de l'individualisme chez Tocqueville nous a permis de montrer en quoi l'individualisme peut produire l'impuissance radicale, sinon de l'individu, au moins du peuple (en tant qu'il suppose une mise en commun, des actions communes). Enfin, dans une troisième partie nous nous sommes demandé comment remédier à l'individualisme en démocratie: grâce à Tocqueville, nous avons montré en quoi il existe des stratégies, des moyens pour soigner cette maladie naturelle au corps sociale dans les temps démocratiques: il faut s'appuyer sur le désir de liberté, et surtout défendre la pratique des associations ciivles qui permettent de s'unir sans cesse, tout en maintenant une vie politique véritable à l'aide d'une clôture de l'espace public qui permette à chacun de se rapporter à des choses familières. Vous trouverez ici la trame du cours: L'individualisme


Pour la séance suivante, vous devez:

(1) bien retravailler le cours sur l'individualisme: L'individualisme
(2) étudier et ficher cet article de Philippe Corcuff: Le pari démocratique à l'épreuve de l'individualisme contemporain
(3) étudier et ficher cet article de Raymond Boudon: L'individualisme: un phénomène qui ne commence nulle part et qui est au fondement des normes
(4) lire et ficher cet article de Philippe Corcuff: La question démocratique, entre présupposés philosophiques et défis individualistes
(5) ramener les 4 oeuvres (Tocqueville, Aristophane, Roth) pour la séance prochaine car vous en aurez besoin pour faire l'exercice que je vous proposerai

(9) Séance 9, mercredi 30 octobre 2019: correction de la dissertation "La démocratie, ce n'est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité"

Nous avons procédé à la correction de la dissertation relative à la citation de Camus, "la démocratie ce n'est pas la loi de la majorité mais la protection de la minorité. Nous avons d'abord analysé la citation, en produisant des définitions rigoureuses des notions de majorité et de minorité. Nous avons donné sens à l'idée de "loi de la majorité", qui en tant que telle peut apparaître certes comme expression légitime de la volonté générale, mais peut aussi dissimuler une forme de tyrannie dès lors que la majorité n'est plus à entendre en un sens intellectuel et moral mais exclusivement numérique, de telle sorte que le plus grand nombre n'est plus que la loi du plus fort, expression du pur arbitraire. Nous avons réfléchi à ce que veut dire "protection" de la minorité: s'agit-il seulement de défendre d'un danger (et à ce titre d'accorder la même valeur à la vie de chacun, quelle que soit son statut économique, social, religieux, etc.) ou bien d'étendre de manière maximale (mais jusqu'à quel point ?) les droits de l'individu, dans toutes ses particularités ? Nous avons ainsi réfléchi à la question de savoir si la conception universaliste du droit devait être amendée, ou au contraire s'il importait que la démocratie soit aveugle aux particularismes pour, sans tenir compte de l'individu dans sa singularité, s'élever immédiatement jusqu'au citoyen dans son universalité. Nous avons mis en évidence deux présupposés discutables de l'affirmation de Camus: d'une part, la démocratie convoque-t-elle nécessairement les notions de majorité et de minorité, et ne peut-elle pas plutôt atteindre, sinon viser, l'horizon de l'unanimité ? D'autre part, la loi de la majorité est-elle toujours exclusive de la protection des minorités ? Ne peut-on penser qu'un peuple souverain puisse défendre les plus faibles et les plus vulnérables, sans produire de bouc-émissaires, d'exclus, de sujets subalternes ? Vous trouverez ici les éléments de cours produits ensemble à ce sujet: 
analyse de la citation de Camus
pourquoi être critique envers la loi de la majorité ?
comment justifier et défendre la règle de majorité ?

Nous avons étudié deux articles à propos de la "loi de la majorité, telle qu'elle est perçue d'une part dans l'Antiquité, et à l'époque moderne: 
- Polin, "La règle de majorité": le plus grand nombre est plutôt un oi polloi, une bête informe et hétéroclite frappée de crédulité et d'irrationalité, qui manque le plus souvent ce qui est juste et bon, de telle sorte que la bonne politeia ne saurait exclusivement se fonder sur le nombre mais aussi sur la vertu politique, comme le montre Aristote. Voici le lien de l'article de Polin: Polin, la règle de majorité.
- Mineur, "Les justifications de la règle de majorité en démocratie moderne": les deux idéaux démocratiques (liberté et égalité) peuvent être atteints à l'aide de trois grands principes (légitimité substantielle du pouvoir, légitimité formelle du pouvoir, souveraineté) qui exigent la délibération et la participation des citoyens, en vue de l'unanimité plutôt que de la majorité. Voici le lien de l'article de Mineur: Mineur, Les justifications de la règle de majorité en démocratie moderne

Nous avons tâché d'analyser des citations du livre de Roth en rapport avec le sujet, notamment à propos du statut de la minorité juive dans la société américaine. Voici les extraits que nous avons commenté: Roth, Le complot contre l'Amérique: minorité, majorité

Nous avons fait référence à d'autres exemples dans les oeuvres au programme. Voici quelques extraits à analyser: exemples à analyser dans les oeuvres au programme

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) poursuivre la réflexion à propos de l'exposé de la séance prochaine: "l'individualisme". Je vous invite notamment à lire les fiches que j'ai constituées pour vous d'articles universitaires en rapport avec cette question, notamment chez Tocqueville: Piguet, L'individualisme chez Tocqueville;  Jacques, Tocqueville et le problème de la clôture politique
(2) poursuivre l'analyse des citations en rapport avec l'idée de majorité et de minorité dans le livre de Roth: Roth, Le complot contre l'Amérique: minorité, majorité
(3) lire et étudier l'article de Polin sur la règle de majorité: Polin, la règle de majorité
(4) lire et étudier l'article de Mineur de la règle de majorité: Mineur, Les justifications de la règle de majorité en démocratie moderne
(5) lire et étudier l'article de Lochak sur la démocratie et la question des droits de l'homme: Lochak, Les droits de l'homme, la démocratie
(6) lire et étudier le plan de dissertation possible à propos du sujet sur Camus (GF, La démocratie): plan de dissertation
(7) produire des analyses à propos des citations dans les oeuvres en rapport avec la question de la majorité et de la minorité: exemples à analyser dans les oeuvres au programme
(8) lire ces éléments sur la notion de minorité: la minorité en démocratie

(8) Séance 8, mercredi 09 octobre 2019: exposé sur "la liberté" + exposé sur "la démagogie", et reprises 

Le premier thème  d'exposé de cette séance était: "la liberté" et c'est Florian Govindinchetty qui a été l'auteur de l'exposé. Vous trouverez ici le plan et le contenu de son exposé: (lien à venir)

Le deuxième thème d'exposé était "la démagogie", et c'est Louise Ségot qui a été l'auteur de l'exposé. Vous trouverez ici le plan et le contenu de son exposé:(lien à venir) Et vous trouverez ici les éléments de reprise que je vous ai proposés: la démagogie, éléments de reprise

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) préparer la réflexion à propos de l'exposé "l'individualisme" (lien à venir)
(2) étudier le corrigé du questionnaire sur Aristophane et relire les passages afférents (lien à venir)
(3) lire et ficher l'article de Doganis sur "la sycophantie d'après les comédies d'Aristophane" (lien à venir)
(4) lire et ficher l'article de Doganis sur "Populistes et chiens du peuples" (lien à venir)
(5) analyser et commenter les passages du Complot contre l'Amérique à propos de la démagogie (lien à venir)
(6) analyser et commenter les passages des Cavaliers à propos de la démagogie (lien à venir)
(7) étudier le texte de Platon sur la démagogie, extrait de République (lien à venir)
(8) étudier le texte de Hobbes sur la démagogie, extrait du Citoyen (lien à venir)

(7) Séance 7, mercredi 02 octobre 2019: exposé sur "la liberté d'expression" et reprise

Je vous rappelle que vous devez tous préparer chaque fois une réflexion aboutie, quand bien même vous ne passeriez pas en personne propre à l'oral. Vous êtes en effet invités à questionner l'intervenant et à produire des commentaires et des remarques. Je suis susceptible de vous demander votre fiche-exposé afin de vérifier votre travail. Le thème de cette séance était: "la liberté d'expression" et c'est Doriane Govindinchetty qui a été l'auteur de l'exposé. Vous trouverez ici le plan et le contenu de son exposé: (lien à venir) Et vous trouverez ici le plan des éléments de reprise que je vous ai proposés: la liberté d'expression, reprise

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) préparer la réflexion à propos de l'exposé de la séance prochaine: "la liberté" (lien à venir)
(2) travailler le texte de Spinoza sur la liberté d'expression, extrait du Traité théologico-politique (lien à venir)
(3) travailler le texte de Kant sur la liberté d'expression, extrait de Qu'est-ce que s'orienter dans la pensée ? (lien à venir)
(4) travailler le texte de Mill sur la liberté d'expression, extrait de Qu'est-ce que la liberté ? (lien à venir)
(5) travailler et commenter les extraits du Complot contre l'Amérique à propos de la liberté d'expression (lien à venir)
(6) étudier l'article d'Allard sur "la dérision des euruprôktoi. Les dimensions politiques de l'aschrologia comique" à propos des insultes et des injures dans les oeuvres d'Aristophane (lien à venir)
(7) étudier le chapitre "De la liberté de presse aux Etats-Unis" du livre de Tocqueville (lien à venir)
(8) étudier le chapitre "Le pouvoir social" de l'ouvrage de Manent, Tocqueville et la nature de la démocratie (lien à venir)
(9) écouter cette émission sur la liberté d'expression chez Spinoza chez Spinoza 
(10) écouter cette émission sur la liberté d'expression chez Mill

(6) Séance 6, mercredi 25 septembre 2019: introduction au thème, la notion de démocratie 

Nous avons consacré cette séance à rappeler quelques jalons essentiels à propos du thème au programme. Il s'agit du chapitre 2: Introduction au thème de la démocratie. Nous nous sommes premièrement interrogé sur le sens de ce mot: de quel peuple (dèmos) parle-t-on  et de quel pouvoir (kratos) parle-t-on ? Nous avons ainsi montré que le dèmos n'est pas tant un concept numérique (laosochlos) qu'un concept politique (des citoyens qui librement font corps dans le contrat social pour donner vie à la communauté par la médiation des lois), et que le pouvoir était idéalement une autorité consentie de telle sorte que la coercition n'est pas une soumission servile. Dans un deuxième temps, nous avons rappelé quelques éléments historiques et philosophiques, d'une part à propos de la démocratie grecque, d'autre part à propos de la démocratie moderne. Vous trouverez ici la trame du cours que nous avons élaboré ensemble:

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) travailler les textes de Platon à propos de la démocratie (lien à venir)
(2) préparer à l'aide de la fiche d'exposé, le thème qui sera travaillé la semaine prochaine: "la liberté d'expression" (lien à venir)

(5) Séance 5, mercredi 18 septembre 2019: questionnaire sur les oeuvres

Nous avons consacré cette séance à répondre aux questions des 3 questionnaires sur les 4 oeuvres au programme afin de vérifier le degré de connaissance et d'appropriation des livres d'Aristophane, Tocqueville et Roth. Questionnaires de lecture sur les 4 oeuvres au programme

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) retravailler les questions sur lesquelles vous avez échoué à propos des oeuvres au programme (lien à venir)
(2) commencer à réfléchir aux thèmes d'exposé (lien à venir)

(4) Séance 4, mercredi 11 septembre 2019: Peut-on parler de despotisme démocratique ? De la démocratie en Amérique, Tocqueville

Nous avons achevé le premier chapitre, Introduction aux oeuvres. Nous avons réfléchi à la question du despotisme en démocratie: la notion de despotisme démocratique est-elle justifiée ? De prime abord, l'existence d'un despotisme démocratique semble contradictoire, dans la mesure où la démocratie d'une part suppose la souveraineté du peuple, de telle sorte que l'obéissance du sujet garantit la liberté du citoyen (là où le despotisme est un régime dans lequel le maître domine par la crainte ses esclaves), et d'autre part se réclame de l'Etat de droit, de telle sorte qu'il s'agit d'être gouverné par la volonté générale plutôt que d'être soumis à une force imprévisible (là où le despotisme est un gouvernement arbitraire où la volonté d'un seul fait loi). Néanmoins, il n'est pas absurde de penser la possibilité funeste d'un despotisme démocratique, comme le montre Tocqueville: la passion de l'égalité donne certes le goût de la liberté politque et de l'autonomie mais dans sa forme dégénérée peut conduire à une forme de servitude, en raison d'un pouvoir centralisé et paternaliste. Quant à la passion pour la sécurité et le bien-être, elle n'est pas non plus en elle-même viciée mais peut conduire les individus à se concentrer dans leur vie privée en abandonnant les affaires communes. Vous trouverez ici la trame du cours que nous avons élaboré ensemble: 

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) faire le résumé du texte extrait de De la démocratie en Amérique (lien à venir)
(2) lire et ficher l'article "Centalisme et despotisme" paru dans Liberté et société, d'Olivier Meuwly (lien à venir)

(3) Séance 3, mercredi 04 septembre 2019: Quel bien commun peut-on attendre de la démocratie ? L'Assemblée des femmes, Aristophane

Nous avons poursuivi le premier chapitre, Introduction aux oeuvres. Nous avons réfléchi à la question du bien commun, en tant que la démocratie permet de le concevoir et de l'atteindre, en nous appuyant sur l'oeuvre d'Aristophane, L'Assemblée des femmes. Nous avons tâché de déterminer dans quelle mesure l'homme comme animal politique se rapporte au bien non tant comme strictement individuel, mais comme étant indissociable du bien de la communauté. Nous avons aussi réfléchi, notamment à l'aide de Rousseau et de Rawls, à la question de savoir par quelle méthode il était possible de concevoir de manière rationnelle et juste le bien commun: le concept de volonté générale (qui n'est pas la volonté de tous), et l'expérience de pensée du voile d'ignorance (comme neutralisation de ce qui me particularise comme individu), ont fait l'objet d'une analyse. Enfin, nous avons lu L'assemblée des femmes sous le prime du bien commun: le bien commun suppose-t-il de tout mettre en commun, comme le suggère l'option communiste ? Le bien commun est-il plutôt d'ordre matériel (ce qui a rapport à la reproduction de la vie, à l'échelle de l'individu comme de l'espèce), ou bien le bien qui est à la mesure de l'homme ne dépasse-t-il pas le règne des besoins immédiats et des désirs de jouissance animale ? Enfin, la mise en commun des corps des personnes, en ce qu'elle nie la séparation du domaine privé et du domaine public, n'est-elle pas une préfiguration du totalitarisme au sein de la démocratie ? Vous trouverez ici la trame du cours que nous avons élaboré ensemble: Séance 3

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) bien relire les extraits de L'assemblée des femmes, afin de réfléchir à la question du bien commun en démocratie: Le bien commun dans L'assemblée des femmes
(2) étudier précisément les extraits philosophiques distribués en classe, et répondre aux questions, afin de pouvoir mobiliser des connaissances précises à propos du bien commun: textes sur la notion de bien commun
(3) lire ou relire De la démocratie en Amérique, dans la mesure où ce livre fera l'objet de la prochaine séance (Peut-on parler de despotisme démocratique ?)
(4) préparer les questionnaires de lecture, qui sont destinés à vérifier que vous avez bien lu toutes les oeuvres au programme. Le devoir sur les oeuvres aura lieu le mercredi 18 septembre. Il n'y a pas de surprise, ce sont les questions qui figurent ici: Questionnaires de lecture sur les 4 oeuvres au programme

(2) Séance 2, mercredi 28 août 2019: Peut-on considérer la rhétorique comme un péril pour la démocratie ? Les Cavaliers, Aristophane

Nous avons poursuivi le premier chapitre, Introduction aux oeuvres. Nous avons réfléchi au statut de la rhétorique au sein de la démocratie, en nous appuyant particulièrement sur l'oeuvre d'Aristophane, Les Cavaliers: la rhétorique, définie comme art et maîtrise de la parole, semble être l'outil démocratique par excellence, dans la mesure où tous les citoyens sont invités à délibérer à propos des normes communes; néanmoins, les techniques et stratagèmes employés par les orateurs peuvent aussi subvertir le jugement du peuple, dès lors que ce dernier ne fait pas l'effort d'un examen réfléchi mais se laisse flatter par des démagogues qui servent non plus un intérêt général et bien compris, mais des désirs bas ou seulement particuliers. Vous trouverez ici la trame du cours que nous avons élaboré ensemble: Séance 2

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) bien relire les extraits des Cavaliers, afin de réfléchir à la valeur de la rhétorique en démocratie: la rhétorique dans Les Cavaliers
(2) étudier précisément les extraits philosophiques distribués en classe, et répondre aux questions, afin de pouvoir mobiliser des connaissances précises à propos de la rhétorique: quelques textes sur la rhétorique
(3) lire ou relire L'assemblée des femmes, dans la mesure où ce livre fera l'objet de la prochaine séance

(1) Séance 1, mercredi 21 août 2019: Peut-on avoir peur en démocratie ? Le Complot contre l'Amérique, Roth

Nous avons entamé un premier chapitre, intitulé Introduction aux oeuvres afin d'élaborer une réflexion sommaire sur 4 problématiques relatives aux 4 oeuvres au programme. Pour commencer, nous avons  réfléchi à la question du rapport entre la démocratie et la peur: dans quelle mesure peut-on avoir peur en démocratie ? La peur est-elle un affect d'une part possible, d'autre part légitime ? Pourquoi avoir peur, et de quoi ? Le roman de Roth a servi de toile de fond pour puiser des ressources utiles à propos de la peur suivant une perspective phénoménologique, éthique et politique. Vous trouverez ici la trame du cours que nous avons élaboré ensemble lors de cette première séance: Séance 1

Pour la séance suivante, vous devez:
(1) vous préparer au devoir sur table du samedi 24 août, qui consiste en une rédaction ordonnée d'une réponse à 4 questions sur les 4 oeuvres: peut-on avoir peur en démocratie ? (Le Complot en Amérique), peut-on dire de la rhétorique qu'elle constitue un péril pour la démocratie ? (Les Cavaliers), quel est le bien commun qu'il faut attendre de la démocratie ? (L'assemblée des femmes) et enfin peut-on parler de despotisme démocratique ? (De la démocratie en Amérique). Pour ce faire, je vous ai distribué ce document: Pistes de réflexion pour le devoir du 24/08
(2) faire l'exercice d'analyse sur l'oeuvre de Roth, portant sur la question de la peur: exercice sur la peur dans le roman de Roth. Voici également des pistes de réflexion: analyse et problématisation sur la peur en démocratie
(3) je vous invite également à étudier ces 4 textes: le texte de Hobbes qui porte sur la peur à l'état de nature, par distinction d'avec la peur des citoyens et sujets d'un Etat; un premier texte de Rousseau, qui porte sur la démocratie en un sens normatif (en tant qu'elle est une république gouvernée par la volonté générale); un deuxième texte de Rousseau qui montre ce que serait une volonté générale qui erre, qui se fourvoie et se trompe; et enfin un texte de Rawls qui réfléchit aux principes d'organisation sociale pour lesquels les partenaires opteraient s'ils étaient placés dans une situation qui garantit l'impartialité de leur jugement (le voile d'ignorance).

2. Tocqueville, De la démocratie en Amérique

Vous pouvez écouter cette émission.

J'ai constitué pour vous des fiches de lecture du livre de Pierre Manent, auteur de Tocqueville et la nature de la démocratie:  
6. L'homme démocratique 

J'ai constitué pour vous des fiches de lecture d'articles universitaires:
Piguet, L'individualisme chez Tocqueville
Jacques, Tocqueville et le problème de la clôture politique

3. Aristophane, Les cavaliers et L'assemblée des femmes 

J'ai constitué pour vous une fiche d'un article de Doganis à propos de la sycophantie chez Aristophane: fiche d'un article de Doganis sur la sycophantie d'après les comédies d'Aristophane

J'ai constitué pour vous une fiche d'un article de Doganis à propos des populistes dans les comédies d'Aristophane: fiche d'un article de Doganis sur les populistes ou chiens du peuple

4. Roth, Le complot contre l'Amérique  

Voici une fiche du roman que j'ai réalisée pour vous: cela peut être utile pour faire de recherches par mots-clé, ou pour trouver des citations. fiche du Complot contre l'Amérique 

Vous pouvez écouter cette émission.

Vous pouvez regarder ce documentaire sur la légitimation des crimes nazis par la science allemande (disponible jusqu'au 25 juillet 2019).

Voici une fiche d'un chapitre d'un livre de Chamayou, intitulé Les chasses à l'homme, qui porte sur la chasse aux juifs, ce qui est particulièrement intéressant pour éclairer le livre de Roth: fiche du chapitre du livre de Chamayou sur les chasses aux Juifs


5. La notion de démocratie


Voici un article à étudier à propos de la démocratie délibérative: Girard, "raison publique rawlsienne et démocratie délibérative"

Voici deux articles particulièrement intéressants à propos de l'idée de loi de la majorité en démocratie: 
Polin, la règle de majorité

Mineur, Les justifications de la règle de majorité en démocratie moderne