mardi 11 novembre 2014

Plexus, Aurélien Bory






Créé pour la danseuse japonaise Kaori Ito, un bijou scénographique. Araignée empêtrée dans sa toile aux milliers de fils qu'on imagine sans les percevoir (l'illusion d'optique traverse toute l’œuvre et marche à plein) , elle se contorsionne dans les airs. Se pose la question du rapport du corps à l'espace (l'espace est-il ce qu'en fais, ou fait-il effet sur moi ? Kaori Ito ne cesse de se cogner contre le vide, dessinant par là la matérialité de l'espace en même temps qu'elle la subit), l’ambiguïté de la passivité-activité, la danseuse étant tantôt démiurge tantôt marionnette, comme aliénée sans tiers aliénant. Elle se fait tour à tour convulsionnaire, corps crucifié, allégorie christique dans l'ascension au ciel et la descente sur terre. Tout un travail sur les bruits du corps, le corps sonore exploré par un micro sensuel et caressant. 

11 novembre 2014, théâtre de Champ-Fleuri, saint Denis, La Réunion.