samedi 15 novembre 2014

Le Journal de Nijinsky, Nicolas Givran






Quelques pages du journal d'un homme qui, peu à peu, sombre dans une folie schizophrénique et paranoïaque. Un texte tourmenté, aux répétitions obsessionnelles (redoublant les scansions d'une chorégraphie ?), traduisant la relation de dépendance maladive qui lie le danseur au chorégraphe Diaghilev, et plein de paradoxes (une proclamation affichée du refus du désir, d'un anti-érotisme acharné, tout en ne cessant de parler de "nervosité", d'excitation des "nerfs": ou comment se trahir soi-même). Le comédien, Nicolas Givran, ne se contente pas de lire mais son auscultation de l'âme malade du danseur est protéiforme: inversant le dispositif scénographique (les spectateurs sont sur la scène tandis que le comédien est tantôt regardé, de loin, assis sur un siège du public, tantôt percé à cœur, par la médiation d'un écran retranscrivant en direct son visage en gros plan), convoquant aussi la musique de Lou Reed et des Velvet Underground. 

15 novembre 2014, théâtre de Champ-Fleuri, saint Denis, La Réunion.