samedi 8 novembre 2014

Léviathan, Andrey Zviaguintsev

 
 
Un film majestueux. Univers kafkaïen. La justice, ce monstre froid qui broie l'individu, Job destiné à se résigner à coups de lampées de vodka face à l'absence de Dieu et de miséricorde. 
 
J'ai trouvé belles les figurations successives du Léviathan, la carcasse de l'animal marin échoué, mais surtout la séquence de l'anéantissement par la grue, avec ses bras tentaculaires, à l'organisation meurtrière, qui anéantit. 
 
Le doute subsiste quant à la  culpabilité du personnage: est-ce encore la machination judiciaire qui fait son œuvre, ou bien le personnage s'est-il mué en Dieu (le Dieu étant absent), en réparant l'injure, quand bien même ce serait à ses dépens, l'individu étant alors l'instrument de sa propre destruction, déjà pratiquement consommée par l'expropriation ? 
 
08 novembre 2014,  Cinépalmes, sainte Marie, La Réunion.